Passez au durable
Ecologie: le choix d'une Nouvelle Génération
Yoann GONTIER
Conseiller municipal de Louviers
Ex Porte Parole de Génération Ecologie
Délégué UMP du canton de Louviers Sud
Membre du Comité de la 4ème circonscription de l'Eure
yoanngontier27@aol.com
06.19.24.05.91
En début de semaine, je pointais ici le bilan environnemental et économique plus que contrasté des biocarburants alors que le Conseil Général de l’Eure a décidé, dans le cadre de son Plan climat, de doper le recours à ces nouveaux carburants.
Le rapport commandé par Bercy et rendu public aujourd’hui vient confirmer cette analyse. Il estime ainsi que l'économie de CO2 réalisée grâce aux biocarburants ne représentera qu'à peine 5 % du total des gaz à effet de serre émis par le transport routier français. C'est une petite économie, qui coûtera cinq à dix fois plus cher que les investissements nécessaires pour économiser les mêmes émissions par d'autres moyens, estime le rapport.
Ce bilan écologique devient carrément négatif lorsque l'on y intègre les retombées des stratégies des pays émergents. Pour produire du « pétrole vert » des millions d'hectares de forêts partent en fumée chaque année au Brésil et en Indonésie. Cette déforestation serait responsable de 20 % des émissions annuelles totales de CO2, soit 3 milliards de tonnes, selon un rapport publié par la Banque mondiale en octobre dernier. Or les forêts sont des « pièges » à CO2. Elles absorbent des gaz à effet de serre et sont donc plutôt à protéger.
Dernier inconvénient des biocarburants, leur développement se fait au détriment de l'alimentation humaine. Pour faire face à la demande de plantes nécessaires à la fabrication de l'éthanol de plus en plus de terres cultivables sont soustraites aux cultures alimentaires.
Aux États-Unis, 5 millions d'hectares de maïs supplémentaires ont été ensemencés l'année dernière, soit l'équivalent de la superficie de la Suisse !
Conséquence le prix des terres cultivables flambe. La hausse a atteint 35 % l'année dernière dans l'État de l'Idaho aux États-Unis.
En raison de la part grandissante de maïs consacrée à la production d'éthanol le prix de la nourriture du bétail en Chine a augmenté de 25 % l'année dernière.
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) vient de tirer la sonnette d'alarme sur ce phénomène qui s'est traduit par une hausse de 9 % cette année des dépenses globales d'importations alimentaires des pays en voie de développement.
Dans ces conditions pourquoi la production de biocarburants fait-elle l'objet d'un quasi-consensus dans la classe politique ? Essentiellement parce qu'elle va permettre d'offrir des débouchés aux agriculteurs lorsque la politique agricole commune (Pac) arrivera à son terme en 2012. « Il est logique, dans un contexte où l'agriculture française et européenne risque de connaître une crise majeure par suite de la concurrence internationale, que les biocarburants suscitent de grands espoirs, mais il convient de considérer ce débouché plus comme un complément de revenu stable face aux aléas du marché mondial que comme une solution miracle susceptible de sauver l'agriculture française », conclue le rapport du gouvernement.
Ainsi les biocarburants offrent une médiocre solution au problème des agriculteurs, mais risquent de soulever de vrais problèmes pour le prix du pétrole, l'alimentation humaine et l'environnement.
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