Haro sur Seveso
Depuis quelques semaines, les banderoles ont fleuri à Saint-Aubin-sur-Gaillon. Dans chaque rue, on y lit le même message: « Seveso, non merci » ou encore « Seveso danger ». Des calicots qui crient haut et fort le refus de la population au projet d'implantation de la société Duhamel logistique sur la zone d'activités des Champs-Chouettes.
« Lorsque l'entreprise a engagé l'achat du terrain auprès de la Communauté de communes, elle s'est bien gardé d'annoncer qu'elle allait stocker des produits à risque, dénonce Gaëtan Bazire, délégué régional Normandie de Génération écologie.
La population n'a été informée, et encore partiellement puisque le mot « Seveso » n'apparaissait nulle part, qu'en avril. Et après étude de leur dossier, il apparaît qu'on est loin du compte en matière de sécurité. »
Et d'énumérer : « Absence de gardiennage la nuit et le week-end, quarante rotations de camions par jour avec tous les risques d'accidents que ça induit, le manque d'identification des produits qui seront entreposés, les bassins de rétention d'eau sous-dimensionnés. »
S'inspirant d'une enquête publique réalisée dans le Rhône et présentant des similitudes avec le cas de Saint-Aubin, les opposants au projet agitent aussi la menace « de voir l'image de la commune altérée par la présence d'une plateforme logistique Seveso et les répercussions sur la valeur des biens immobiliers. » Autant d'arguments qui ont été consignés dans le registre du commissaire enquêteur.
« Nous maintiendrons la pression tant que nous n'aurons pas la certitude que que le projet Duhamel est abandonné, conclut Gaëtan Bazire. Lors de la réunion publique, la semaine dernière, les élus locaux ont également clairement exprimé leur opposition. Nous ne voulons pas d'une poubelle à proximité de notre lieu de vie. »
Source : Paris Normandie