Grenelle de l’environnement : bilan et perspectives
Commenter le Grenelle de l’environnement suppose que l’on s’impose, comme préalable, une exigence d’objectivité.
Le principal risque de cette manifestation était bien sûr que la montagne accouche d’une souris. L’écueil aura été évité, bon nombre des mesures annoncées allant dans le bon sens. Apres des décennies d’immobilisme dans le domaine de l’écologie, le Grenelle de l’environnement, conduit par Jean-Louis Borloo, est une porte entrouverte vers une société plus écologique. Pour autant, on est loin de la révolution écologique annoncée à grands coups de trompettes et de tambours. Pas de quoi donner à la France une Planète d’avance mais assez pour lui assurer de se rattraper son retard.
Nous n’allons pas commenter ici une à une les propositions qui ont largement été reprises dans les médias. D’ailleurs, le caractère global du développement durable, qui a des implications environnementales, économiques et sociales, rendrait l’exercice difficile. Nous nous contenterons de vous présenter les mesures par thème, tout au long de la semaine.
Notons dès à présent que certaines mesures vont dans le bon sens : c’est le cas du principe d’une éco-pastille, de l’engagement de 800 millions en faveur du ferroutage, du programme ambitieux au profit des énergies renouvelables ou de la rénovation thermique de l’habitat.
Reconnaissons également au passage le travail réalisé par Jean Louis Borloo qui, de l’avis de nombreux participants, a su mettre de l’huile dans les rouages. Relevons au passage que Jean Louis Borloo le politique a été biberonné à Génération Ecologie. Notons enfin que si la légende, qui veut que Jean Louis Borloo ait été placé à la tête du Medad en réponse à sa « boulette » sur la TVA sociale, est vraie alors on aurait presque envie d’encourager le numéro 2 du Gouvernement à réitérer ses gaffes !
D’autres propositions manquent d’ambition. Selon les propres dires de Jean Louis Borloo, « le diable se trouve dans les détails ». Deux exemples suffisent à illustrer l’idée : le principe d’une éco- redevance pour les poids lourds a été acté, mais est-il sérieux de prévoir que celle-ci ne s’appliquera pas au réseau autoroutier ? Autre illustration : le poids de la FNSEA a conduit le Grenelle à revoir à la baisse ses ambitions de réduction de l’usage des pesticides, en évitant soigneusement tout objectif chiffré et tout calendrier, au moment même où le Parlement européen votait une réduction de 50% des produits phytosanitaires pour 2013 … Pure incohérence entre l’échelon communautaire et l’échelon national.
Les propositions issues des discussions et les promesses égrenées par le Président de la République restent à mettre en œuvre. Sur ce plan, le chef de l’Etat souffre la comparaison avec la déclaration, devenue fameuse, de son prédécesseur à Johannesburg en 2002 qui s’était inquiété de la « maison qui brûle », sans jamais appeler les pompiers, du moins les pompiers français.
C’est désormais à l’Assemblée et au Sénat que va se jouer la mise en musique du Grenelle… et là ce n’est pas gagné. Au cours de la campagne législative, les candidats de Génération Ecologie avaient largement insisté sur la nécessité de voir siéger une nouvelle génération d’écologistes sur les bancs de l’Assemblée. Certaines déclarations ne prennent sens aux yeux du plus grand nombre qu’après coup…
A suivre…
Crédit photo : Medad